Le trou du vent

D’après Mihai Eminescu

Il était une fois un homme pauvre qui avait beaucoup d’enfants. C’était pendant la famine et notre personnage, après avoir travaillé toute une semaine pour quelques graines, partit au moulin pour  y avoir de la farine. Au moment où il quittait le  moulin, un terrible orage  se leva et fit s'envoler  la farine. Il se mit en colère, ramassa un ballot de paille pour aller boucher le trou du vent, et continua son chemin…. « Je n’y renoncerai pas si facilement »
Il croisa un homme :
- Où vas-tu, compère ? lui demanda l’homme
- Je vais boucher le trou du vent car il m’a volé la farine.
- Mais où est-il, ce trou ?
- Où qu’il soit, c’est là que j’irai.
Tout en marchant, il arriva chez Dieu et Saint Pierre, qui, à cette époque-là habitaient sur la terre :
- Où vas-tu, pauvre homme ?
- Je vais boucher le trou du vent car il m’a volé la farine.
Mais Dieu lui dit :
- N’y va plus ! tiens ! prend cette noix, mais jusqu’à ta maison, ne dis pas : Noix, ouvre-toi !
En rentrant, le soir tombé,  il s’arrêta chez un homme et le pria de le laisser dormir.
- D’où viens-tu, mon ami ?
- J’allais boucher le trou du vent, et j’ai rencontré un fou sur mon chemin ; il m’a donné une noix et m’a dit de ne pas dire jusqu’à la maison : noix, ouvre-toi ! Qu’est-que cela veut dire ?
Mais la maîtresse de la maison était rusée. Elle cacha une noix dans sa main et dit :
- Fais voir ta noix !
Alors, elle échangea la noix de notre héros, puis alla se cacher dans la cour et dit :
- Noix, ouvre-toi !
Et soudain, la cour se remplit de vaches, moutons, chevaux. Tu sais, un vrai pouvoir divin.
Réveillé dès l’aube, notre héros rentra chez lui et dit : «Noix, ouvre-toi ! » Mais il ne se passa rien.
- Bon Dieu, maudits soient le vent et le vieil homme ! Je vais boucher le trou du vent et battre le vieux qui m’a trompé
Il s’en alla et rencontra de nouveau Dieu.
Mais Dieu, tu sais, pouvoir divin, avait changé de visage maintenant ; notre homme ne le reconnut pas…
- Où vas-tu, vieil homme ?
- Boucher le trou du vent et tuer le vieux qui m’a trompé.
- Tiens, mon ami, un âne. Mais jusqu'à ta maison, tu ne devras pas dire : «Âne, fais une crotte!»
- Je ne le dirai pas !
En rentrant, il s’arrêta de nouveau chez la famille qui l’avait hébergé. Ils lui offrirent à manger et à boire, et notre héros s’enivra et s’endormit sur un banc ; alors l’homme perfide acheta un âne à quelques gitanes qui passaient là par hasard et échangea l’âne de notre héros. Le lendemain, il se réveilla très tôt, rentra chez lui et dit : « Âne, fais une crotte ! »
Mais l’âne ? Rien… Notre homme prit un bâton et se mit à battre l’âne.
- Maintenant le vieux, aucune chance de lui pardonner !
Et il partit rencontrer le vieux et boucher le trou du vent. Il croisa de nouveau Dieu, toujours changé.
- Tiens, compère, une béquille mais ne dis pas jusqu’à la maison : « Béquille, enroule-toi ! ».
Notre personnage prit la béquille et passa, à son retour, chez l’homme perfide qui lui avait échangé la noix et l’âne. Maintenant, cet homme le régala de son mieux et décida de le tuer car  la béquille allait leur apporter d’innombrables fortunes. Il dit à sa femme :
- Femme, prend la béquille dans la cave, fermons la porte et disons : Béquille, enroule-toi !
C’est ce qu’ils firent. Et alors, tu ne peux pas en croire tes oreilles : la béquille se mit à les battre et à leur casser les os ; lorsque notre héros se réveilla et descendit dans la cave, ils le supplièrent:

- Bon homme, nous te rendrons la noix, l’âne, tout ce que tu veux, mais sauve-nous !

Mais l’homme prit ses affaires et les quitta.
Il devint riche et tout le royaume apprit son histoire. Il était si riche, qu’il semait et cueillait du blé en or. Le roi envoya deux soldats prendre des graines d’or pour en faire semer dans son royaume.
- Dites au roi que je ne veux pas lui en offrir, qu’est-ce qu’il va faire ?
Le roi se mit en colère, prépara son armée et déclancha la guerre. Arrivé à la porte de notre héros, le roi lui ordonna de sortir. Il sortit, habillé comme un paysan et non  comme un homme riche ; sous ses vêtements il portait la béquille. Le roi lui dit :
- Hé, toi ! Sois le premier à montrer ton pouvoir !
- Bien, bien, votre majesté ! Béquille, enroule-toi !
Alors, la béquille se mit à casser les os des soldats et du roi (la béquille était magique et ne visait que les têtes). Toute l’armée du roi et le roi même devinrent fous. Ils s’en allèrent et la paix retrouva sa place dans le village de notre personnage.

Il vécut heureux jusqu’à la fin de ses jours.
Que le Bon Dieu nous veille et que tous nos enfants vivent heureux en paix.

Les voix:

Le conteur: Budeanu Georgiana

Le héros: Solomei Andrei

L'homme: Ghirold George

L'hôte: Pogor Stefan

L'hôtesse: Vlad Bianca

Dieu: Vizitiu Florin

Le Roi: Iordachi Andrei

 


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