Le boyard et Pacala

d'après Ioan Slavici


Un jour, Păcală était assis à la lisière d'une forêt. Soudain, il vit un carrosse s’approcher vers lui. Il se leva rapidement, pris un gros tronc d'arbre et le souleva au-dessus de sa tête. Dans le carrosse, un boyard, sa femme et le cocher, conduisant les chevaux. Quand il aperçut Păcală, le boyard dit au cocher d'arrêter:
- Bonjour!
- Je vous r’mercie, réponditPăcală
- Que faites-vous ici?
- Eh bien, monsieur, j'ai mis ce bois à se reposer un petit peu, car après je le ramène chez lui.Mais vous, vous allez où ?
- J'ai entendu parler d'un certain Păcală, qui dupe les gens, et je suis parti le chercher, afin qu’il me dupe également.
Păcalădit au boyard:
- N’y va plus, monsieur, car Păcală, c’est moi. Mais maintenant, je ne peux pas vous duper car  j'ai oublié mon dupeur (instrument imaginaire de Păcală avec lequel il dupait les gens) chez moi. Descendez du carrosse pour que j’aille apporter mon dupeur. Vous, Seigneur, tenez bien ce bois-ci, qu’il ne chancèle, car j’arrive bientôt.
Lorsque le seigneur tenait de son mieux le troncà ne pas chanceler, Păcalămonta dans le carrosse et s’enfuit. Il fit nuit, Păcală ne revenait plus. Il resta comme ça toute la nuit et jusqu’au lendemain, l’après-midi.
Et voilà qu’un homme y arriva.
- Bonjour! dit l’homme.
- Bonjour, lui répondit le boyard.
- Mais qu’est-ce que vous faites là ?
- Nous attendons à ce que Păcală vienne de chez lui avec le dupeur, qu’il nous dupe. Il avait dit qu’il viendrait rapidement en carrosse, mais voilà qu’il ne le fait pas.
Alors l’homme dit au boyard :
- Mais, monsieur, n’est-il pas suffisant, ce truc-là, qu’il eut pris le carrosse et les chevaux de même ?  
Ainsi le boyard resta-t-il dupé et sans carrosse.


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